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Virginie Transon, un artiste qui ne fait pas (que) dans la dentelle !

Sculpture – Virginie Transon : « L’art contemporain doit sortir des grandes métropoles »

Plasticienne et designer, Virginie Transon travaille principalement sur le recyclage des matières, redonnant vie et noblesse à des étoffes mises au rebut. Installée depuis 2017 aux abords des marais estuariens, elle voit en ce territoire fascinant un formidable terrain de jeu à ciel ouvert pour l’art contemporain, quand les zones rurales en sont encore trop souvent privées.

Un engagement : démocratiser l’accès à l’art contemporain

Soutenue par l’IDDAC, Virginie Transon a créé en 2019 à Saint-Caprais-de-Blaye l’association Atelier 401 – Atelier des matières. Son objectif ? D’abord, en finir avec une forme d’élitisme autour de l’art contemporain. « Je ne supporte pas l’idée que des gens n’osent pas aller dans les musées ou à la rencontre des artistes car ils pensent ne pas avoir les codes, ou ne pas être assez érudits pour cela. Les émotions que nous souhaitons transmettre sont pourtant universelles. » Ensuite, rendre toutes les formes de culture accessibles dans des territoires ruraux ou trop éloignés des grandes villes. « Pourquoi devrions-nous toujours aller à Bordeaux ou Paris pour voir de jolies choses, alors que nos paysages, si inspirants, sont aussi de précieux écrins pour des œuvres d’art ? ». Enfin, faire de l’art un vecteur de lien social. Ateliers participatifs, œuvres collaboratives dans son immense « jardin extraordinaire », Virginie partage son expérience et savoir-faire avec tous profils de créateurs en herbe, se réjouissant de l’esprit convivial qu’elle a découvert lors de son installation dans les marais où se confrontent parfois de grandes solitudes. En lien avec des associations à Marcillac, Blaye ou encore Etauliers, elle organise également des ateliers avec des populations isolées ou en rupture. « L’art est un moyen de reprendre confiance en soi et en ses capacités ».

Transmettre des messages par ses œuvres

Virginie n’a pas toujours été plasticienne. Louve de la finance, elle plaque tout à la naissance de sa fille. « Je voulais redonner du sens au monde dans lequel je la faisais naître ». En recyclant des matières destinées à être jetées, elle alerte à la fois sur notre irrésistible course à la consommation, et ses dangers pour la planète. A Terres d’Oiseaux, elle installe fin 2020 des œuvres monumentales « Medusa Lace » qui représentent des animaux marins (méduses, tortues, étoiles de mer…) reconstitués en vieilles dentelles, dans le cadre des Sentiers des Arts. « Au bout de l’estuaire, il y a l’océan. Nous martyrisons un fragile écosystème par nos déchets déraisonnables ».

L’emploi de la dentelle n’est pas anodin. La plasticienne engagée privilégie les matières qui furent généralement le fruit d’un travail minutieux de « petites mains » de femmes, rarement reconnu à sa juste valeur. Cette réflexion s’est poursuivie à Saint-André-de-Cubzac lors de l’exposition « le Mur des 100 Seins – sans Sein », où elle a notamment moulé des corps de femmes ayant subi une mammectomie. En mars 2021 au Crédit Mutuel de Blaye, elle exposera une collection de bustes afin d’interroger le spectateur sur la notion de féminité dans le cadre de la Journée Internationale des droits des femmes. Un projet d’ateliers et d’installation des « Galets tapissés du Petit Poucet » est en cours avec les femmes du territoire.

 

A voir : L’installation « Medusa Lace », sur le parcours des Sentiers des Arts 2020, est visible à Terres d’Oiseaux – Port des Callonges (33820 Braud & St Louis).
Les œuvres sont illuminées la nuit.
La rencontrer : suivez son actualité et l’organisation des ateliers de l’association 401 sur http://vtranson.auberginemultimedia.fr/ . Projet en cours : réalisation d’œuvres collaboratives dans son « jardin  extraordinaire ».

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